Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, traverse une crise économique majeure. La chute des revenus pétroliers, combinée à l’insécurité et aux conflits, plonge le pays dans une récession profonde. La Banque mondiale alerte sur une contraction économique de 30% en 2024-2025.
L’impact dévastateur de la crise pétrolière
La dépendance du Soudan du Sud au pétrole, qui représente l’essentiel de ses revenus, se révèle être un talon d’Achille. L’interruption des exportations entraîne une perte de 7 millions de dollars par jour. Ce manque à gagner affaiblit les finances publiques. Les salaires ne sont plus payés régulièrement et les dépenses publiques diminuent. Les secteurs de la santé et de l’éducation souffrent particulièrement. L’hyperinflation et l’insécurité alimentaire touchent près de 80% de la population. Le taux de pauvreté atteint désormais 92%. La Banque mondiale prévoit une reprise en 2025-2026, à condition que les exportations de pétrole reprennent.
Le pays peine à se reconstruire. La guerre civile a détruit son économie. En 2024, 7,1 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire. Les tensions politiques, les conflits armés et les chocs climatiques aggravent la situation. Ils accentuent l’instabilité économique et sécuritaire. Charles Undeland, responsable des opérations du Groupe de la Banque mondiale pour le Soudan du Sud, déclare : « En maintenant la stabilité macroéconomique, en améliorant la gouvernance et en mettant en œuvre des réformes structurelles stratégiques, le Soudan du Sud peut libérer le potentiel de son secteur privé et ouvrir la voie à la reprise et à la prospérité. »
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Des perspectives incertaines
Malgré la crise, des signaux encourageants émergent. Fitch Solutions anticipe une croissance du PIB réel de 17% en 2025. Cette croissance est portée par la reprise de la production et des exportations de pétrole. L’économie sud-soudanaise pourrait ainsi retrouver un certain dynamisme. Cela dépend de la mise en œuvre des réformes nécessaires par le gouvernement. La Banque mondiale recommande plusieurs mesures économiques et budgétaires. Il faut assouplir le taux de change, limiter le financement monétaire du déficit et renforcer la transparence dans la gestion des revenus pétroliers. La diversification économique, le règlement des arriérés de salaires et l’investissement dans le capital humain sont également essentiels.