Le président congolais, Félix Tshisekedi, a accordé une grâce partielle à trois ressortissants américains condamnés à mort pour leur implication dans une tentative de coup d’État en mai dernier. Cette décision, annoncée par une ordonnance officielle, commue leur peine en servitude pénale à perpétuité. Elle intervient dans un contexte de tensions internes et de défis diplomatiques pour la République Démocratique du Congo (RDC).
Une mesure de clémence partielle en RDC
Les trois Américains, Marcel Malanga Malu, Taylor Christa Thomson et Zalman Polun Benjamin, avaient été condamnés à mort par la Haute Cour militaire de Kinshasa. Ils étaient accusés d’association de malfaiteurs et de tentative de coup d’État. L’ordonnance présidentielle, lue à la télévision d’État, précise que cette grâce fait suite à une requête du parquet militaire.
Selon l’un de leurs avocats, cette mesure vise à éviter l’exécution de la peine capitale et constitue une première étape vers une éventuelle libération totale. « C’est une première étape avant une possible libération totale et une grâce complète », a-t-il déclaré. Cependant, cette grâce ne concerne pas les trente Congolais condamnés dans la même affaire.
Le 19 mai dernier, ces trois Américains, accompagnés d’une quarantaine de Congolais, avaient attaqué la résidence du vice-premier ministre Vital Kamerhe, puis le Palais de la Nation. Ils avaient proclamé la fin du régime du président Tshisekedi et brandi le drapeau de l’ancien Zaïre. L’intervention de la Garde Républicaine avait mis fin à leur tentative, entraînant l’arrestation de plusieurs personnes et la mort de quatre assaillants, dont leur chef, Christian Malanga.
Contexte et implications
Cette décision de grâce intervient alors que la RDC fait face à des défis sécuritaires et diplomatiques importants. La clémence présidentielle pourrait être interprétée comme un geste d’apaisement des tensions internes et une volonté d’améliorer les relations avec les États-Unis. Bien que cette mesure ne résolve pas toutes les incertitudes judiciaires en RDC, elle marque une étape significative dans un dossier suivi de près par la communauté internationale.
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Il est important de noter que Jean-Jacques Wondo, un Belge d’origine congolaise également impliqué dans l’attaque, avait été libéré en février dernier. Présenté comme le « cerveau » de l’opération, il avait été accusé d’association de malfaiteurs.