La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a annoncé une hausse significative du prix d’achat de cette matière première pour les planteurs. Cette décision, prise par l’État ivoirien, intervient dans un contexte de flambée des cours mondiaux du cacao, atteignant des niveaux historiques en 2024. Une mesure qui soulage les producteurs, mais qui soulève également des questions sur les défis persistants du secteur.
Hausse historique du prix du cacao
Le gouvernement ivoirien a fixé le prix d’achat du cacao à un niveau record de 2 200 francs CFA (3,35 euros) le kilo pour la récolte intermédiaire. Cette augmentation de 22,2 % fait suite à un prix déjà historique de 1 800 francs CFA fixé en septembre 2024 pour la récolte principale. « Je voudrais vous annoncer au nom du Président de la République que le kilogramme du cacao (…) est fixé à 2.200 francs CFA », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani, lors d’une cérémonie à Abidjan. Cette mesure vise à garantir une rémunération plus équitable aux planteurs, dont les revenus ont été fragilisés par les fluctuations des cours mondiaux.
Le système de vente anticipée du cacao en Côte d’Ivoire, où l’État fixe les prix, protège les producteurs des variations brutales du marché. Cependant, il les rend également moins susceptibles de profiter pleinement des hausses de prix par rapport aux pays où le marché est libéralisé, comme le Cameroun.
Les cours mondiaux du cacao ont connu une flambée spectaculaire en 2024, dépassant les 10 000 dollars la tonne à New York. Cette hausse s’explique en partie par les conditions climatiques défavorables qui ont pesé sur les récoltes en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux principaux producteurs mondiaux.
Couverture maladie universelle et défis persistants
En plus de l’augmentation du prix du cacao, le gouvernement ivoirien a annoncé la mise en place effective de la couverture maladie universelle (CMU) pour les producteurs. Cette mesure vise à améliorer les conditions de vie des planteurs, dont beaucoup vivent dans des zones rurales isolées avec un accès limité aux soins de santé. Sur les 1 105 000 producteurs de cacao et de café recensés, 700 000 seront d’abord concernés par l’opération.
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Malgré ces avancées, des défis persistent pour le secteur du cacao en Côte d’Ivoire. Estelle Konan, porte-parole des producteurs, a exprimé son soulagement face aux annonces du gouvernement, tout en soulignant que certains problèmes ne sont « pas résolus ». Elle n’a pas donné plus de détails sur ces problèmes, mais il est probable qu’ils concernent les conditions de travail des planteurs, l’accès aux intrants agricoles et la durabilité de la production de cacao.