Le vote du budget national 2025, adopté mercredi par les législateurs en Afrique du Sud , révèle de profondes divisions au sein du gouvernement d’unité. L’Alliance démocratique (DA), pilier de cette coalition, a voté contre, semant le doute sur sa pérennité au sein du gouvernement. Cette décision met en lumière les tensions croissantes autour des politiques économiques du pays.
Vote budgétaire en Afrique du Sud : la coalition en désaccord
Mercredi, le Parlement en Afrique du Sud a approuvé le budget 2025, malgré l’opposition de la DA. Cette adoption, marquée par un vote oral, a vu 194 législateurs du Congrès National Africain (ANC) et d’autres partis minoritaires voter pour. En revanche, 182 législateurs, dont ceux de la DA, du parti Umkhonto we Sizwe et des Combattants pour la liberté économique (EFF), ont voté contre.
Le ministre des Finances, Enoch Godongwana, a exprimé des doutes quant à la capacité de la DA à rester dans le gouvernement d’unité, soulignant l’incohérence de voter contre un budget tout en participant à sa mise en œuvre. « Je ne pense pas que l’on puisse voter contre le budget et, demain, vouloir participer à sa mise en œuvre. Ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible. Nous devons tirer un trait sur ce point », a-t-il déclaré.
Le cœur du désaccord réside dans l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Le budget prévoit une hausse d’un demi-point de pourcentage dès le mois prochain, suivie d’une autre augmentation similaire l’année suivante, portant le taux de TVA à 16 % d’ici 2026-2027. La DA et d’autres partis d’opposition critiquent cette mesure, la qualifiant d’« anti-pauvres ».
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Ils arguent que cette augmentation de la TVA, qui s’applique aux biens et services essentiels comme la nourriture et l’électricité, alourdira le coût de la vie, touchant disproportionnellement les ménages à faible revenu. Le ministre des Finances, Enoch Godongwana, a toutefois défendu cette mesure, soulignant que « nos données indiquent que la TVA est payée par les trois catégories de revenus supérieures (76 %) ».
Conséquences et réactions politiques
La DA a annoncé son intention de contester l’adoption du budget devant les tribunaux. Cette action judiciaire pourrait accentuer les tensions au sein du gouvernement d’unité et fragiliser davantage la coalition. L’opposition, menée par la DA, le parti Umkhonto we Sizwe et les EFF, dénonce un budget qui, selon eux, favorise les riches au détriment des pauvres. Ils estiment que cette augmentation de la TVA aggravera les inégalités économiques et sociales en Afrique du Sud.
L’ANC, quant à lui, défend son budget, arguant qu’il est nécessaire pour financer les services publics et réduire le déficit budgétaire. Le parti au pouvoir souligne que les recettes supplémentaires générées par la hausse de la TVA seront utilisées pour soutenir les programmes sociaux et stimuler la croissance économique.
Le vote de ce budget controversé marque une étape cruciale pour l’Afrique du Sud. Il met en lumière les défis auxquels est confronté le gouvernement d’unité, notamment la nécessité de concilier les impératifs économiques et les préoccupations sociales. Les prochaines semaines seront déterminantes pour l’avenir de cette coalition et pour la stabilité politique du pays.