Au Bénin, le gouvernement de Patrice Talon a accepté de satisfaire la demande de certains partis d’opposition dans le cadre des élections générales de 2026. Ceux-ci ont réclamé un audit de la liste électorale en prélude au processus électoral qui sera bientôt enclenché. En Conseil des ministres ce mercredi, le gouvernement a décidé de débloquer l’intégralité des ressources financières demandées par les initiateurs.
Bénin : le gouvernement accède à une demande de l’opposition pour l’audit de la liste électorale
Les partis politiques d’opposition, à l’origine de cette demande d’audit, obtiennent ainsi le soutien total du gouvernement. « Le Conseil a autorisé la mise à disposition intégrale des ressources et instruit les ministres chargés des Finances et de la Justice d’accomplir les diligences nécessaires à cette fin », lit-on dans le compte-rendu du Conseil des ministres de ce mercredi. Un montant de 159 436 200 FCFA sera débloqué pour cette opération.
Cette décision, prise sans tergiversations, confirme l’engagement du président de la République face aux opposants, le jour où il a été informé de cette initiative. Il est à noter que tous les partis politiques de la mouvance présidentielle n’ont pas donné leur accord. Certains refusent visiblement d’y être associés. Au sein de l’opposition, l’idée ne fait pas non plus l’unanimité. Le parti Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), dirigé par Paul Hounkpè, estime ne pas avoir été consulté dans ce processus d’audit et affirme ne pas y avoir été associé. De l’autre côté, certains affirment que c’est la FCBE elle-même qui s’est isolée.
L’audit de la liste électorale est porté par le cadre de concertation de l’opposition, qui réunit plusieurs formations politiques. On y retrouve notamment Les Démocrates, qui tiennent le leadership, ainsi que le Mouvement Populaire de Libération (MPL), la Grande Solidarité Républicaine (GSR) et la Nouvelle Force Nationale (NFN).
Pour superviser les travaux liés à l’audit, un comité de pilotage a été mis en place. Il est dirigé par Jean-Baptiste Elias, président du Front des Organisations Nationales contre la Corruption (FONAC). Lors de son installation, il a précisé que l’audit du fichier électoral n’était pas une initiative nouvelle. « Je voudrais rappeler que le code électoral en vigueur dans le pays à cette date du 8 janvier 2025 prévoit bien en son article 1er qu’il peut y avoir un audit participatif », a souligné Jean-Baptiste Elias, acteur de la société civile au Bénin.
Selon le cadre de concertation de l’opposition, cet audit de la liste électorale s’inscrit dans les actions à mener pour garantir des élections transparentes lors des échéances de 2026 au Bénin.