Le mot d’ordre de désobéissance civile, lancé par Henri Konan Bédié et Pascal Affi Nguessan, depuis le 20 septembre dernier, demeure en vigueur en dépit des appels lancés par la mission de médiation de la délégation de la CEDEAO et de la main tendue du gouvernement Ouattara. C’est en tout cas ce qui ressort de la dernière conférence de presse tenue par Pascal Affi N’guessan, le candidat du Front populaire ivoirien (FPI), mercredi 21 octobre 2020.
Pourquoi Bédié et Affi refusent de lever le mot d’ordre de désobéissance civile
«Je voudrais lancer au nom de la plateforme, un appel solennel à nos militants de rester mobilisés, de rester déterminés, de rester actifs dans la désobéissance civile, parce qu’elle continue, elle doit s’intensifier de façon pacifique de manière à contraindre monsieur Alassane Ouattara à mettre fin au coup d’État constitutionnel électoral qu’il s’apprête à perpétrer », a lancé l’ ancien Premier ministre ivoirien.
Les opposants qualifient en effet d’échec, la mission de diplomatie préventive menée récemment par des émissaires de la CEDEAO. Pour Pascal Affi N’guessan, porte-parole de la plateforme de l’opposition politique dite significative, la mission conduite par Mme Shirley Botchway, ministre ghanéenne des Affaires étrangères, a marqué « une sorte d’impuissance » à mener le chef de l’État ivoirien et la coalition politique qui le soutient, à faire des concessions allant dans le sens de la tenue d’un scrutin apaisé, crédible et transparent.
« On peut considérer que la mission a été sanctionnée par un échec et que le problème reste entier dans la mesure où la CEDEAO nous renvoie dos à dos et nous dit de nous débrouiller pour trouver une solution à notre crise », déduit M. Affi au regard des propositions. Dans sa déclaration de fin de mission, lundi, la délégation sous régionale exhortait l’opposition ivoirienne à suspendre son mot d’ordre de désobéissance civile et de boycott du processus électoral en cours.
Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’guessan, Guillaume Soro et la plateforme EDS proche de Laurent Gbagbo, exigent en effet le report du scrutin présidentiel du 31 octobre en vue de l’ouverture d’un dialogue politique inclusif, placé sous l’égide de la CEDEAO et des Nations-Unies. « Nous réitérons notre disponibilité et notre ouverture à la négociation et à la facilitation internationale, et pourrons réaffirmer que nous ne serons ouverts à ces négociations que dans un cadre de facilitation internationale », soutient l’opposition. Et de prévenir que : « l’opposition politique et les candidats Henri Konan Bédié et Affi N’Guessan ne sauraient participer à une rencontre sous la présidence d’un quelconque membre du gouvernement de la Côte d’Ivoire ».
De ce qui précède, il serait peu probable de voir les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’guessan, répondre favorablement à l’appel à la négociation lancé dans la soirée du mercredi, par le gouvernement, désormais favorable à une recomposition de la Commission électorale indépendante (CEI). L’une des exigences de l’opposition politique.
D’ailleurs, Jean Blé Guirao, secrétaire général de l’ UDPCI dont la candidature de son président Mabri Toikeusse, a été rejetée, est formel à ce sujet. «L’opposition ivoirienne demande le report de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020. Quand ceci est fait, on pourra nous voir autour d’une table sous l’égide de la Communauté internationale en dehors de la CEDEAO qui s’est discréditée et on va parler », indique ce membre de l’opposition. En clair, ce n’est pas une simple entrée de l’opposition à la CEI qui fera changer les choses. Mais bien plus…