Invité à désigner un représentant au sein de la Commission centrale de la Commission électorale indépendante (CEI), le PDCI, parti dirigé par Henri Konan Bédié, a opposé un refus poli au régime du président Alassane Ouattara.
CEI: Le PDCI décline l’offre du gouvernement et lui donne rendez-vous devant la Cour africaine
Le Parti de l’ancien président Henri Konan Bédié a poliment décliné l’offre du gouvernement qui, dans un courrier officiel, l’invitait à désigner un représentant devant siéger au sein de la controversée commission électorale indépendante.
«Il ne s’agissait pas seulement d’obtenir une place au sein dudit organe mais d’en obtenir une réforme qui assure l’égalité de tous devant la loi et la libre participation des citoyens aux affaires publiques de leur pays», a poliment répondu le vieux parti dans un communiqué signé de son secrétaire exécutif en chef, Pr Maurice Kakou Guikahué.
Dans sa réponse, le N° 2 du parti d’Henri Konan Bédié a rappelé que la loi portant recomposition de la CEI telle qu’adoptée et l’institution en elle-même telle qu’installée, étaient impropres à l’esprit et à la lettre de l’arrêt du 18 novembre 2016 de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).
Soutenu par la quasi-totalité de l’opposition politique et des organisations de la société civile, le PDCI avait à nouveau saisi la CADHP en vue de contraindre l’Etat ivoirien à se conformer aux recommandations de cette juridiction africaine.
Une audience sur le fond de la requête est fixée au jeudi 12 mars 2020 pour juger de la conformité de la composition de la Commission électorale indépendante actuelle avec les normes et standards internationaux.
«Notre parti qui reste attaché aux institutions nationales et internationales vous prie de bien vouloir réserver nos échanges à l’auguste institution devant laquelle nous comparaitrons», a répondu Guikahué à l’invitation du gouvernement ivoirien.
La question de la composition de la CEI est l’une des pommes de discorde entre pouvoir et opposition à quelques 8 mois du prochain scrutin présidentiel. Henri Konan Bédié et l’opposition réclament une réforme en profondeur de la CEI, et non une simple recomposition telle que proposée par le régime Ouattara.