La plateforme politique Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS, opposition), a exigé vendredi à Abidjan, « la libération immédiate et sans condition des enseignants arrêtés » le mardi dernier, à la suite d’une revendication, dans une déclaration.
EDS dénonce l’arrestation des enseignants
DECLARATION DE EDS RELATIVE A L’ARRESTATION DES ENSEIGNENTS DE L’UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY, MEMBRES DE LA CNEC
La crise qui secoue le secteur Education/formation est entrée dans une phase critique depuis l’arrestation, le mardi 19 Février, du secrétaire général de la Cnec, section Félix Houphouët Boigny.
Il convient de rappeler qu’en vue de protester contre les sanctions disciplinaires imposées à huit de leurs collègues par le Conseil de l’université, la Coordination Nationale des Enseignants Chercheurs (Cnec), dirigée par le professeur Johnson Kouassi Zamina, a décidé d’entamer une grève illimitée. Les jours qui ont suivi, un autre Conseil a été convoqué pour, cette fois, prendre des mesures de révocation de quatre enseignants, membres de la Cnec, dont le secrétaire général Johnson Kouassi Zamina, et de la suspension de 7 autres pour des durées allant d’un an à six mois, sans soldes.
C’est dans ce contexte que, le lundi 18 février, le Secrétaire Général de la dite formation syndicale a été interpellé avec un autre enseignant, au secrétariat du doyen de la faculté de sciences pharmaceutiques, au motif qu’ils auraient perturbé le bon déroulement des examens et des cours prévus ce jour. Transportés à la préfecture de police, ils ont été placés sous mandat de dépôt au tribunal d’Abidjan-Plateau avant d’être déférés à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), sous les chefs d’accusation de « troubles politiques, troubles à l’ordre public, séquestration, violence verbale, menaces et voies de faits ».
Pour Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), au-delà du fond de l’affaire, sur quoi la plateforme se réserve le droit de réagir en temps opportun, l’interpellation des deux enseignants est ressentie comme une douche froide qui remet en cause tout le processus de règlement d’une crise qui n’a que trop duré.
Considérant que les mesures et décisions prises par le dernier Conseil de l’université constituent une entrave à la liberté syndicale ;
Attendu que cette double arrestation n’est pas de nature à apaiser le climat social, loin s’en faut ;
La plateforme politique EDS :
Elève une vive protestation contre la posture qui vise à opposer la violence aux revendications de ceux qui réclament de meilleures conditions de vie et de travail ;
Exige la libération immédiate et sans condition des enseignants arrêtés ;
Appelle les autorités universitaires à mettre fin à ce qui s’apparente ni plus ni moins à une chasse aux sorcières ;
Invite le gouvernement à privilégier encore et toujours le dialogue constructif comme voie de résolution des conflits quels qu’ils soient et d’où qu’ils proviennent ;
Réaffirme sa solidarité et son soutien aux enseignants et chercheurs de Côte d’Ivoire.
Fait à Abidjan le 21 février 2019
Pour EDS
Le président